Les shoot them’up indé ABA Games

Depuis l’avènement de la dernière génération de consoles, on assiste à une véritable explosion du style indépendant dans le jeu vidéo, notamment grâce aux marketplaces disponibles sur désormais toutes les consoles actuelles qui permettent à un petit développeur de sortir des jeux à moindre coût en bénéficiant d’une (généralement) excellente visibilité sur les supports concernés. Et parfois, on trouve des titres qui ne payent pas de mine de prime abord mais qui se révèlent être des bijoux vidéoludique. Pourtant, si le phénomène semble récent, ce n’est pas vraiment le cas. Les développeurs indépendants existaient déjà à l’ère de la PS2, de la Gamecube et de la Xbox (voire même avant), mais n’avait pas le même soutien des constructeurs qu’aujourd’hui. Certains ont profité de cette soudaine popularité du jeu indé pour sortir de l’anonymat et faire connaître leurs oeuvres, à l’image de Daisuke Amaya, connu sous le pseudonyme de Pixel, à qui l’on doit le désormais célèbre Cave Story. Mais certains, par choix ou non, continue de ne rester connu que d’une certaine frange d’amateurs, au plus profond de la scène indépendante. C’est le cas de ABA Games, une petite société de développement de jeux, dont le seul employé est un dénommé Kenta Cho.

ABA Games s’est spécialisé dans un genre : le shoot them’up, et plus particulièrement le danmaku. Depuis 2002, année de la sortie de son premier jeu, nommé Noiz2sa, le développeur ne fait que ça. Les informations sur la vie et l’oeuvre de Kenta Cho sont assez difficiles à trouver (ce qui prouve qu’il s’agit bien d’un développeur très confidentiel), mais d’après ce que j’ai pu trouver, on peut dire que son année d’activité la plus intense fut 2004. Ses jeux possèdent plusieurs particularités : d’abord, ils sont tous libres, et donc gratuit, ainsi que disponible sur Windows comme sur Mac, mais ils ont aussi un style très spécial, souvent géométrique, utilisant la technique “fils de fer” rappelant beaucoup le fabuleux Rez, ce qui donne à Cho une certaine patte très reconnaissable.

Mais penchons-nous maintenant sur les jeux ABA Games, avec ce petit listing regroupant trois des jeux les plus connus du développeur (je rappelle qu’ils sont tous libres, donc gratuits) :

Torus Trooper

Dans Torus Trooper, vous dirigez un petit vaisseau vu de dos. Vous arpentez des sortes de couloirs circulaires (voire même carrément en forme de tube) et vous devez aller le plus loin possible avant la fin du décompte, en tuant évidemment le plus d’ennemis possibles. Bien sûr, plus vous irez loin et plus la vitesse ainsi que la difficulté augmenteront. Torus Trooper reflète selon moi le mieux la patte ABA Games : un jeu à la fois accessible dans son gameplay, difficile, nerveux et rapide. Si le jeu est très proche de Rez dans son aspect graphique et sonore, il fait aussi beaucoup penser à F-Zero, notamment aux épisodes 3D, par ses tuyaux et sa vitesse fulgurante. Vous pouvez trouver Torus Trooper pour PC ici.

 

rRootage

Avec un style graphique “fils de fer” très similaire à Torus Trooper, rRoutage est aussi très différent dans son principe. Il s’agit ici d’un pur danmaku à scrolling vertical. Mais sa particularité réside dans le fait qu’il ne propose que des boss à combattre. Il s’avère donc très difficile, et mettra vos nerfs à rude épreuve. rRootage se trouve ici.

 

Tumiki Fighters

Le meilleur pour la fin. Tumiki Fighters est sans doute le plus célèbre mais aussi le plus abouti des jeux ABA Games. Il s’agit là d’un shoot them’up à scrolling horizontal. Comme dans la plupart des danmaku, on dirige un petit vaisseau et on doit mettre à mal des centaines d’ennemis tout en évitant leurs boulettes meurtrières, mais la grosse feature de Tumiki Fighters est que le vaisseau contrôlé peut agripper les ennemis tombés au combat. Le principe est donc de coller le plus de vaisseaux possibles, un peu comme un Katamari. L’intérêt de ses vaisseaux est double : une fois collés au petit engin que l’on contrôle, ils constituent une protection supplémentaire contre les tirs, mais tirent aussi eux-même leurs lasers contre les ennemis. Ils est donc important de ramasser les ennemis morts pour pouvoir gagner en puissance. Bien entendu, si un vaisseau collé reçoit trop de dégâts, il se décrochera et sera perdu. Pour éviter cela, un bouton permet de « ranger » les vaisseaux collés pour ne garder que celui contrôlé, pour les passages délicats. On note un changement remarquable dans le design général du jeu par rapport aux autres titres du développeur. Le côté géométrique est toujours présent, mais ici on a une prédominance des colorations flashies et pastelles. Tumiki Fighters joui d’une telle popularité qu’il a été adapté sur Wii sous le nom Blast Works en 2009 (et est trouvable aujourd’hui sur un peu tous les sites pour une bouchée de pain). Mais si c’est la version PC/Mac qui vous intéresse, c’est par là.

 

Si vous êtes intéressé par les autres travaux de Kenta Cho, allez faire un tour sur le site de ABA Games où se trouve tous les jeux du monsieur. Espérons qu’on ait encore droit à l’avenir d’autres jeux de cet excellent développeur.

L’inévitable bilan jeux vidéo de 2011

La fin de l’année approche et avec elle, les sacro-saints listings/tops de l’année chers aux blogs et aux sites de jeux vidéo. Je ne vais pas déroger à la règle, et je fais donc mon listing des jeux finis en cette année 2011, suivi d’une sélection de jeux/personnages/autres par catégories. J’ai terminé seize jeux au total (en espérant en avoir oublié aucun) contre douze l’an dernier. Très peu de ces jeux sont vraiment récents (seulement deux datant de cette année) mais tous sont de bons titres dans l’ensemble. Pour plus de clarté, je les liste par ordre alphabétique, et j’indique entre parenthèses le support sur lequel j’y ai joué. C’est parti :

Batman : Arkham Asylum (360)

Obtenu à Noël et fini tout récemment. Je l’ai dévoré. J’ai adoré cette ambiance sombre et délirante, très fidèle au comic. Le gameplay est au poil, les graphismes éclatent la rétine, les musiques s’accordent superbement bien au titre, la durée de vie est tout à fait convenable (d’autant plus si on se met en quête des secrets que réserve le jeu). Je n’en parle pas plus car un article dessus est prévu pour très bientôt.

Bioshock 2 (360)

J’avais adoré le premier, que j’avais retourné dans tous les sens et dans tous les modes de difficulté, et j’ai adoré ce second volet, que je trouve même meilleur. Certes, l’effet de surprise qui était une des grandes forces de Bioshock premier du nom a disparu, on est désormais plus ou moins en terrain connu, mais tout y est meilleur. A commencer par Rapture elle-même, les zones parcourues sont beaucoup variées et originales. Je retiens notamment l’espèce de parc d’attraction qui sert en fait d’instrument de propagande ou encore Fontaine Futuristic, espèce de labo contrôlé par un scientifique ayant perdu la raison et ayant enregistré un message lorsqu’il était sain d’esprit nous demandant de le tuer. Les nouvelles armes sont aussi très bonnes, comme la foreuse qui est jouissive à utiliser. Le fait d’incarner un Big Daddy est aussi une excellente idée, et les passages de défense de Little Sisters diversifient le gameplay. J’ai aussi un peu joué au mode multi que j’ai trouvé étrangement mou du genou, mais l’aventure solo, elle, est une franche réussite.

Grand Theft Auto IV (360)

Je l’avais commencé deux ans auparavant, mais ce n’est que cette année que j’en suis arrivé à bout. J’appréhendais ce GTA, notamment à cause de son côté sérieux plus prononcé, mais au final j’ai pris une violente claque et je considère désormais cet opus comme le meilleur de la série. Cette ambiance réaliste et sombre m’a emballé. J’ai beaucoup aimé la profondeur de l’histoire et des personnages, ainsi que tous les petits détails certes insignifiants (comme les passants qui s’abritent lorsqu’il y a de la pluie ou Niko qui casse une vitre pour pouvoir sortir son arme en voiture) mais qui donnent vie à la ville de Liberty City. Il y a une réelle implication du joueur, on est happé dans cette caricature de New York excellente et convaincante. Un des meilleurs jeux de cette génération de consoles, à n’en pas douter.

Grand Theft Auto IV : The Lost & Damned (360)

J’ai profité d’une promotion pour me procurer le premier DLC de GTA IV, qui m’attirait fortement. Une plongée dans l’univers des bikers, voilà qui m’intéressait. Un add-on de qualité, qui rajoute quelques éléments sans dénaturer le jeu et qui apporte une autre vision, toute aussi sombre et réaliste, de Liberty City. Et les ajouts musicaux sont aussi excellents. Foncer sur la route en chopper en écoutant du Iron Maiden, ça n’a pas de prix.

Hitman : Blood Money (360)

Ca faisait un moment qu’il me faisait de l’oeil celui-là, et j’ai succombé cette année. Verdict ? Une tuerie, sans mauvais jeu de mots. On est donc dans la peau de Code 47 et on doit assassiner diverses cibles sur une map le plus rapidement et discrètement possible. Et les possibilités de jeu sont quasiment illimitées. C’est bien simple, on peut pratiquement tout faire : se déguiser en clown, tuer des gens à coups de pelle, empoisonner des gâteaux… Les niveaux sont longs et très bien pensés laissant à chaque une multitude de choix dans l’accomplissement des missions, ce qui offre au titre une replay value intéressante. A essayer. Et ne vous fiez pas à la démo disponible un peu partout, elle ne montre que le tutoriel et n’est pas du tout représentative du jeu.

Half-Life (PC)

Vouant un culte presque sans limite à Half-Life 2, je me suis lancé dans Half-Life premier du nom que je n’avais pas connu à l’époque pour voir de quoi il en retournait. Le jeu est très différent de son successeur, notamment parce que la quasi intégralité du jeu se déroule dans un seul décor : le laboratoire. Malgré ça, on ne s’en lasse pas et on passe les 20 heures nécessaires pour finir le jeu avec le même plaisir. La mise en scène était déjà très présente à l’époque et réussi, encore aujourd’hui, a étonner les joueurs. J’ai aussi trouvé le jeu particulièrement difficile par rapport à Half-Life 2, on avance vraiment difficilement, et c’est assez déroutant à une époque comme la nôtre où les jeux (et notamment les FPS) sont de plus en plus simples.

Jump Ultimate Stars (DS)

Déjà fini il y a quelques années, je l’ai racheté sur un coup de tête en début d’année, car je voulais rejouer à cet excellent Smash Bros like. Le jeu propose de regrouper les séries du Jump pour en faire un jeu de combat. On peut ainsi assister à des face-à-face improbable entre Sangoku et Kenshiro ou Luffy et Ichigo. Un incontournable pour tous les fans de shônen donc, même si quelques défauts sont à déplorer, comme l’aspect parfois brouillons de certains affrontements ou des ralentissements assez agaçants. De plus, le jeu est uniquement disponible en import jap. Il est facilement trouvable, mais les textes tout en japonais peuvent en rebuter certains, même si, heureusement, des traductions complètes sont disponibles sur le web.

Just Cause 2 (360)

Bourrin et fun, voilà deux mots qui résument plutôt bien Just Cause 2, un GTA-like décomplexé où l’on contrôle un personnage muni d’un grappin sur une île sous dictature. Au niveau du réalisme, Just Cause 2 est aux antipodes de GTA IV. On peut vraiment faire tout et n’importe quoi : voler des avions en plein vol, faire du base jump et ouvrir son parachute à deux mètres du sol, se placer sur le toit d’un véhicule en marche… Cet aspect totalement fou du titre offre un fun immédiat, parfait pour se défouler après une grosse journée de travail. Ca se prend pas au sérieux et ça fait du bien. De plus, la map est gigantesque, proposant une multitude de quêtes annexes (bien que répétitives) et de petits secrets bien cachés qui augmentent la durée de vie déjà bien solide du jeu.

Limbo (360)

Pour certains, Limbo est un chef-d’oeuvre vidéoludique absolument génial et incontournable. Pour d’autres, c’est juste de la branlette culturel pour se convaincre de l’attrait artistique du jeu vidéo. Personnellement, je suis un peu dans les deux camps. J’ai pris mon pied sur Limbo, je l’ai englouti d’une traite sans jamais m’ennuyer et j’ai adoré. Mais il est vrai que ludiquement parlant, le titre est plutôt faible, on se contente d’avancer en évitant les pièges et en résolvant les énigmes sans vraiment suivre de but précis ni de scénario véritablement défini, et tout ça uniquement avec le bouton A. Il est aussi je trouve bien trop cher, surtout qu’il ne faudra pas plus de trois heures pour en voir la fin. Avis mitigé donc.

Portal 2 (PC)

J’avais adoré Portal premier du nom, et j’ai encore plus adoré cette suite. Il y a tellement de nouveautés qu’on a l’impression que Portal n’était en fait qu’une ébauche, un brouillon de Portal 2. La véritable force du titre réside selon moi dans son scénario et sa mise en scène. C’est juste magistral, on est projeté dans les entrailles d’Aperture Science en allant de surprises en surprises avec des rebondissements totalement inattendus. Le personnage de Wheatley apporte aussi beaucoup au titre, par son doublage très réussi (même en français) et ses animations très convaincantes. On regrettera peut-être que les énigmes ne soient pas plus nombreuses ni plus évoluées, mais Portal 2 n’en reste pas moins l’un des meilleurs jeux de cette année 2011.

Rock of Ages (360)

Rock of Ages m’avait beaucoup attiré lors du dernier E3, notamment parce qu’il semblait faire le mélange improbable entre Katamari pour le gameplay et les Monty Python pour l’univers. On est effectivement très proche de l’humour absurde des Monty Python, mais le gameplay est finalement très différent d’un Katamari. Il s’agit en fait plutôt d’un mélange entre un tower diffense et Monkey Ball (à la différence qu’on manipule la boule, et pas le plateau). Le résultat est bon quoiqu’un peu répétitif à la longue. Heureusement que l’univers décalé et l’humour totalement absurde sont là, car ce sont ces éléments qui sont finalement les principaux atouts de Rock of Ages. Un bon jeu, à essayer.

Scott Pilgrim Contre le Monde (360)

Grand fan du comic et du film, je me suis essayé au jeu. Et je n’ai pas été déçu, un bon trip old-school avec Anamanaguchi à la musique et Paul Robertson aux graphismes, ça ne pouvait donner que du bon. Dommage que le titre soit un poil répétitif, même si c’est un peu le genre beat them all qui veut ça. Le petit aspect RPG est aussi un ajout sympathique.

Sonic the Hedgehog (360)

Alors déjà petite précision, il ne s’agit pas du jeu sorti en 2006 mais bien du tout premier paru sur Megadrive, disponible à petit prix sur le Xbox Live Arcade. J’avais le souvenir d’un Sonic 2 excellent, nerveux et très speed, comme on a (ou du moins avait) l’habitude avec les Sonic. Je pensais retrouver ces sensations dans le premier volet que je n’avais encore jamais fait, et j’ai été déçu de voir que ce ne fut pas le cas. En effet, le premier Sonic est beaucoup moins dynamique et rapide que les suivants. Ca va pas bien vite, on se traîne un peu, et ce ne sont pas les niveaux aquatiques d’une mollesse ahurissantes qui changent la donne. Une des causes de ce manque de pêche : la fourberie et la putasserie de ses pièges et ennemis. Il y en a partout, il faut être constamment à l’affut pour pas mourir bêtement et du coup on avance à tâtons. Donc avis mitigé sur ce premier Sonic, je referai le deuxième opus en 2012, histoire de voir si mes souvenirs sont intacts.

Shin Megami Tensei : Persona 3 (PS2)

J’ai mis un paquet de temps à finir Persona 3, plus d’un an exactement. Non pas parce que j’ai été happé par le jeu au point de vouloir booster à fond mes persos et faire toutes les quêtes annexes, non, parce que ce jeu m’a constamment tiraillé entre la lassitude et l’envie d’aller plus loin dans l’histoire. Ce sont surtout les phases au Tartarus qui m’ont posé problème, où l’on doit monter une tour remplie d’ennemis, phases qui sont répétitives et finalement ennuyeuses au possible. Au contraire, les phases de jour, dans la peau d’un lycéen japonais sont excellentes, et le fait que les relations sociales qu’on entretient avec les personnages aient un impact sur la puissance des Persona invoquées en combat est une très bonne idée. Mais à cause de ce Tartarus, j’ai préféré mettre fin rapidement à mon expérience sur Persona 3 en choisissant la mauvaise fin, ce qui m’évita dix heures de Tartarus supplémentaires. Mention spéciale tout de même pour l’OST, que j’écoute encore aujourd’hui en boucle.

Wario Land : Super Mario Land 3 (GB)

J’ai retrouvé Wario Land par hasard, en rangeant ma chambre. Ayant fait Wario Land 4 il y a quelques années et l’ayant adoré, j’ai décidé de me lancer dans le premier volet de la série. Bilan : c’est court, facile mais finalement pas désagréable. Ca occupe une après-midi ou deux, et c’est largement convenable. Evidemment, si on veut quelque chose de plus constitant avec Wario sur portable il faudra se tourner vers Wario Land 4, mais Wario Land premier du nom reste amusant.

Zelda : Link’s Awakening (GB)

Et on garde le meilleur pour la fin. Car oui : Link’s Awakening est mon jeu préféré, toutes consoles, tous genres et toutes générations confondues. Parce que Link’s Awakening, c’est à la fois une aventure épique, une aventure poétique et une aventure simple dans son déroulement. Injustement mis en retrait face à d’autres volets de la série parfois surestimés, il reste cependant l’un des meilleurs épisodes de Zelda et un des meilleurs jeux de la console. Et malgré le fait que je le considère comme mon BGE, je n’avais jamais pris la peine de le finir, d’aller jusqu’au bout de l’aventure, jusqu’à récemment où j’ai accompli la quête de Cocolint et réveillé le Poisson-Rêve. J’en parlerai de façon plus approfondie dans un autre article.

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Passons maintenant aux sélections, faites donc à partir des jeux listés ci-dessus :

Meilleure console de l’année :

Xbox 360

C’est clairement la console sur laquelle j’aurais passé le plus de temps cette année, avec un paquet de bons titres.

Meilleur jeu joué cette année :

Zelda : Link’s Awakening

Evidemment, c’était couru d’avance. Cependant si je n’avais pas compté Link’s Awakening, ç’aurait sûrement été Portal 2 qui l’aurait remporté.

Jeu joué cette année comportant les meilleurs graphismes :

Batman : Arkham Asylum

Pas loin devant Bioshock 2, que je n’ai pas choisi parce que j’avais déjà joué au premier et que du coup l’effet de surprise quant au lieu visité est absent, contrairement à Arkham Asylum où j’étais en terrain inconnu. Just Cause 2 aurait pu aussi remporter ce titre d’autant plus qu’il bénéficie d’une map gigantesque, mais il n’a pas cette atmosphère et cette identité graphique qu’à Batman.

Jeu joué cette année avec la meilleure OST :

Shin Megami Tensei : Persona 3

 

 

 

Une OST éclectique et maîtrisée, que j’écoute encore avec plaisir aujourd’hui. En grand amateur de Anamanaguchi, Scott Pilgrim était pas loin du titre, mais définitivement l’OST de Persona 3 aura été celle qui m’a le plus marqué cette année.

Jeu joué cette année avec le meilleur scénario :

Portal 2

Une aventure haletante, des rebondissements inattendus, des personnages hauts en couleur, pas de doute, Portal 2 bénéficie du meilleur scénario que j’ai pu voir cette année. Pas loin derrière suit GTA IV, dont j’ai adoré l’atmosphère (et j’y reviendrai dans un prochain article).

Jeu joué cette année le plus WTF :

Rock of Ages

Avec son concept atypique et son humour à la Monty Python, Rock of Ages est le jeu le plus loufoque auquel j’ai pu jouer cette année, et de loin.

Jeu joué cette année le plus OMGWTFBBQ :

Jump Ultimate Stars

Seiya VS AraleVS Kenshiro VS Bobobo-bo Bo-bobo, un rêve totalement fou et désormais réalité. J’aurais pu aussi choisir Just Cause 2, pour le côté « je highjack un Boeing en vol à deux mille mètres d’altitude » ou « je saute d’un bâtiment de deux kilomètres de hauteur et j’ouvre mon parachute à deux mètres du sol ».

Jeu joué cette année le plus difficile :

Half-Life

J’aurais aussi pu mettre Sonic, mais Half-Life est beaucoup plus long, et est donc beaucoup plus douleur. Je me souviens encore du passage sur Xen avec ses sauts millimétrés et ses ennemis totalement abusés qui m’ont fait pleurer des larmes de sang.

Personnage le plus marquant de l’année :

Wheatley de Portal 2

Un robot totalement barré et involontairement drôle, qui est finalement plus humain que le personnage principal, bénéficiant en plus d’un excellent doublage et de très bonnes animations.

Moins bonne IA de l’année :

Hitman : Blood Money

Blood Money a beau être un excellent jeu, son IA est tout de même déplorable. Les ennemis ne prennent en compte que les vêtements que porte Code 47, pas son physique. Ainsi, si on tue un agent du FBI afro-américain, qu’on lui pique ses vêtements et qu’on va voir d’autre PNJ, ça surprendra personne que subitement il s’est transformé en homme blanc et chauve avec un code barre derrière la tête et une tête de tueur à gage. Bon j’exagère un peu car, sans ça, Blood Money serait sûrement injouable.

Scène la plus marquante de l’année :

Les passages avec l’Epouventail dans Batman : Arkham Asylum

Voilà des passages qui m’auront vraiment impressionné. Lors de ces phases, on passe de l’asile d’Arkham a un monde déstructuré possédant une ambiance unique. Le but n’est plus de déjouer les pièges du Joker en neutralisant ses sbires mais de s’enfuir en se cachant de l’Epouventail avec une caméra placée de côté façon jeu de plate-forme. Dommage que ces phases soient un peu redondantes.

Arme la plus trippante de l’année :

La foreuse de Bioshock 2

Parce que foncer sur un ennemi pour le défoncer à coup de foreuse, ça n’a pas de prix.

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Voilà pour 2011, une très bonne année en ce qui concerne mes activités vidéoludiques. J’espère qu’il en sera de même pour 2012, même si je n’ai pas de gros doutes là-dessus.

Tribulations en Azeroth #1

Je dois l’avouer, je suis un grand fan de World of Warcraft. J’y ai beaucoup joué il y a quelques années, juste après la sortie de la première extension The Burning Crusade, mais j’ai du lâché le jeu avant d’avoir pu atteindre le niveau maximal parce qu’il faut le dire, c’est quand même super cher (13€ par mois, ça fait quand même mal). J’ai repris récemment, en me créant un mort-vivant voleur nommé Melterus actuellement lvl 63 sur le serveur Culte de la Rive Noire, un serveur RP/PvP. J’aime beaucoup le RP dans WoW, même si le gameplay ne s’y prête pas trop, l’univers est très riche et très intéressant à suivre. Je ferai sûrement un article sur cet aspect du jeu, mais pour le moment j’ai décidé d’inaugurer une série d’articles où je posterai des screenshots commentés du jeu que je prends pendant mes heures de jeu.

Let’s go :

            

[Impressions] Half-Life

Rares sont ces jeux qui font l’unanimité partout, que ce soit chez la critique comme chez les joueurs. Rares sont ces jeux qui laissent une empreinte indélébile dans la mémoire de tout ceux qui les ont essayé. Rares sont ces jeux qui, lorsqu’on parle de chef-d’oeuvres, sont systématiquement cités. Rares sont ces jeux intemporels, sur lesquels on reviendra toujours avec la même envie, la même joie qu’au premier jour. Half-Life fait parti de ces jeux. Car Half-Life, c’est un peu le jeu qui a changé la face du monde des FPS. Un jeu qui, pour son époque, était révolutionnaire, beau et long, et qui n’a presque pas pris une ride.

On y incarne Gordon Freeman, un théoricien de la base scientifique secrète de Black Mesa, située aux Etats-Unis. Un beau jour, alors que ce brave Gordon tente une expérience sur la téléportation, il ouvre accidentellement un portail vers la planète Xen, provoquant une réaction en chaîne dans la base et permettant l’invasion de celle-ci par les monstres belliqueux de Xen. L’alerte est donnée, et le chaos s’installe immédiatement. Gordon décide donc de réparer son erreur et de partir en croisade contre les vilains extraterrestres envahisseurs. Mais Gordon n’est pas un super-guerrier tel qu’on a l’habitude d’en voir dans ce genre de jeu. Non, Gordon est un scientifique normal, il est roux, porte des lunettes et n’est pas spécialement costaud. Il devra donc compter sur sa combinaison de protection en milieu hostile pour venir à bout de tous les dangers qui le menacent tout au long du jeu.

La première chose qui frappe dans Half-Life, c’est le fait que tout dans le jeu soit fait pour immerger le joueur. Dès le début, on est lancé dans la peau de Gordon sans aucune indication. Pas de cinématique, rien. Durant tout le jeu, on ne sortira pas de la peau du Freeman, qu’on pourra à tout moment contrôler. Il n’y a aussi aucune coupure, aucun écran de loading pour avertir de l’arrivée dans une nouvelle zone, juste des freezes de quelques secondes. Le seul véritable élément cassant un peu l’immersion est le syndrome du héros muet. En effet, Gordon est peut-être un scientifique mais il semble qu’il ait perdu l’usage de la parole, on a donc un peu l’impression d’être traîné de part et d’autre sans que le héros ne puisse donner son avis (même si l’effet est moins prononcé que dans Half-Life 2). De plus, le jeu bénéficie d’une mise en scène excellente, surtout pour l’époque. Les murs qui tombent en ruine, les ascenseurs qui se décrochent, les installations électriques qui sautent, bref, on est pris par le chaos ambiant, et, même si on se fait occasionnellement aider par des gardes de sécurité ou des scientifiques, on a toujours le sentiment d’être seul face à tout ces dangers. Le thème de la téléportation est aussi un prétexte permettant de faire spawner de façon crédible les ennemis directement devant le joueur, ce qui offre quelques fois de sympathiques effets de surprise.

La palette d’ennemis est assez impressionnante. Il en existe deux sortes : les extraterrestres et les marines. Les autochtones de Xen constituent plusieurs sortes d’ennemis très différents, certains extrêmement faibles et d’autres extrêmement forts. Néanmoins, leur IA reste sensiblement la même, à savoir “moi vois : moi tue”. Ils courent après le joueur et n’essayent pas de se couvrir. Les marines, eux, sont plus intelligents. Ils se mettent à couvert et n’hésitent pas à lancer des grenades lorsque le joueur reste caché trop longtemps. De plus, ils sont tout de même assez résistants, et un demi chargeur ne sera pas de trop pour en liquider un. Les boss quant à eux sont plutôt originaux. Dans la majeure partie des cas il s’agit de monstres issus de Xen. Leur tirer directement dessus ne sert à rien, il y a à chaque fois une chose bien précise à faire pour les éliminer. Par exemple, pour l’un d’eux, le joueur devra attirer son attention et l’emmener vers un générateur électrique qu’il devra allumer pour électrocuter la bête. Le choix des armes est lui aussi assez conséquent. On commence avec le fameux pied de biche, puis petit-à-petit on récupère d’autres armes sur les cadavres de nos ennemis, humains comme extraterrestres d’ailleurs. On retrouve donc les classiques Colt, fusil à pompe ou grenades, mais aussi des armes permettant de lancer des espèces d’abeilles tueuses, des rayons électriques ou des tirs d’énergie chargés.

Un arsenal complet qui ne sera d’ailleurs pas de trop pour se sortir des situations diverses et variées auxquelles le jeu nous confronte. Car Half-Life possède aussi son lot de passages cultes. Toute personne ayant pris part à l’aventure du Freeman se souvient avec émotion de l’arrivée des marines dans le complexe (marines que l’on pense d’abord être des alliés venus pour nous aider, mais qui en fait sont plutôt là pour anéantir toute trace de vie à Black Mesa), du combat épique contre les tentacules de la chambre de combustion ou de l’interminable traversée du tracé ferroviaire du complexe. Car même si la majeure partie du scénario se passe intégralement dans la base scientifique, les développeurs ont réussi à rendre une certaine diversité aux situations rencontrées, évitant ainsi une répétitivité de l’action et des décors qu’on aurait pu craindre. On va donc de surprise en surprise sans jamais être lassé. Et puis dans Half-Life, on ne fait pas que de casser de l’alien ou du marines. Non, on résout aussi des énigmes qui permettent de progresser dans l’histoire. Celles-ci ne sont vraiment pas d’un niveau très élevé, mais elles ont le mérite de renouveler un peu le gameplay et de permettre de souffler entre deux séquences de frag intense. J’aimerais tout de même évoquer un point que j’ai trouvé important : la difficulté du titre. Half-Life 2 ainsi que ses suites ne m’avaient pas vraiment posé de problèmes, je progressais assez facilement et je me contentais des sauvegardes automatiques. Mais j’ai été surpris de constater qu’il n’en était pas de même avec Half-Life. Car en effet, le premier volet est beaucoup plus ardu que son successeur. Les ennemis sont beaucoup plus coriaces, les kits de soin ainsi que les munitions se font beaucoup plus rares et les pièges bien retords sont légions. Je n’ai pas joué à énormément de FPS dans ma vie, mais je crois bien que Half-Life est sûrement le plus difficile auxquels j’ai pu jouer. Je sauvegardais constamment, redoutant le prochain piège qui allait me tomber sur la tête ou les prochains ennemis que j’allais rencontrer. Mais dans un sens, ça fait du bien de jouer à un jeu où il faut batailler pour en voir le bout, surtout à notre époque où les FPS sont d’une déconcertante difficulté et se finissent en une grosse soirée. Car en plus d’être difficile, Half-Life se paye le luxe d’être long (du moins pour un jeu de ce genre). Comptez une quinzaine d’heures sans trop vous presser pour en voir le bout.

Graphiquement, le jeu accuse de son âge. Pour un jeu datant de 1998 il ne fallait bien évidemment pas s’attendre à quelque chose de magnifique, et le rendu très polygonale des modèles 3D, les textures bien baveuses ainsi que les animations ultra rigides peuvent rebuter au départ, mais on s’y fait bien vite, et ça ne devient plus un problème après une petite heure de jeu. La musique est quasi inexistante, renforçant le sentiment de solitude face à tous les dangers qui menacent Freeman. Sachez tout de même qu’un remake amateur est en développement. Appelé Black Mesa, le projet consiste donc à refaire l’intégralité du jeu avec le moteur graphique de Half-Life 2. Allez voir le site officiel du projet pour plus d’information. En conclusion, Half-Life est un excellent FPS, riche, long et difficile, qui n’a pas volé son statut de jeu culte. A faire et à refaire.

[Impressions] Batman : Year One

Le comic est un univers vaste, très vaste. Bien souvent quand on débute, on veut se lancer dans une série, mais on est tellement à la masse qu’on ne comprend aucune référence, qu’on ne sait pas qui sont la plupart des personnages et ce qu’ils viennent foutre là. Alors, parfois, les éditeurs n’hésitent pas à faire des reboots. Un reboot, c’est un retour au début d’une série. On garde les mêmes personnages et les mêmes lieux histoire de pas non plus dénaturer la série en question (sinon, autant en commencer une nouvelle), mais on change deux ou trois trucs scénaristiques soit pour les remettre au goût du jour, soit pour rendre l’histoire plus cohérente. Ben ouais, parce qu’avec des séries qui n’ont parfois pas changé depuis un demi-siècle, il faut quand même essayer de se renouveler pour attirer un nouveau public et ne pas perdre à l’usure celui déjà acquis. Ce fut le cas en 1986, date à laquelle l’un des deux plus gros éditeurs de comics, DC Comics, décide de rebooter ses trois séries phares : Superman, Wonder Woman et Batman. Pour Superman et Wonder Woman aucun problème, les scénaristes savent tout de suite quoi changer pour les rendre un peu plus actuels, mais pour Batman, ça pose problème. Son combat contre le crime est parfaitement justifié par la mort de ses parents, et même 50 ans après avoir été créé, ses origines sont toujours aussi cohérentes. DC décide donc de ne pas toucher aux racines du Chevalier Noir, mais veut quand même apporter quelques améliorations, ainsi qu’une profondeur pas forcément très présente alors. Et c’est Frank Miller qui s’en charge. Frank Miller, c’est un des plus grands scénaristes et dessinateurs du monde du comic, qui à l’époque avait déjà pondu l’excellent Batman : The Dark Knight Returns (qui, ironiquement, parlait de la fin de l’homme chauve-souris) et avait remis Dardevil, alors personnage mineur, sur le devant de la scène chez Marvel. Il sera d’ailleurs aussi plus tard le scénariste et dessinateur des mémorables Sin City et 300. Il prend au dessin David Mazzucchelli, alors jeune dessinateur ayant un très bon sens de la mise en scène. Batman : Year One est né.

Bon alors en fait là pour mon intro, j’ai essentiellement résumé le petit récit qui présente le bouzin au début de l’édition française de Panini Comics. Parce que je voulais vraiment insister sur le fait qu’il s’agit d’un reboot total de Batman, notamment en ce qui concerne l’ambiance. Vous vous souvenez de la série TV Batman des années 60 ? Mais si, rappelez-vous. Cette série était le reflet total de ce qu’était alors Batman, dans ces périodes qu’on appelle Golden Age et Silver Age. Des héros tout sourire, des vilains plus ridicules que vraiment vilains, une ville colorée et pas vraiment menaçante, des ambiguïtés sur la relation entre Batman et Robin… Hé ben Year One casse tout ça. Gotham City est désormais une ville sombre, gangrénée par le crime, où les policiers sont parfois plus pourris que les criminels, où la prostitution est monnaie courante (même avec des filles mineures), un endroit qu’on nous montre comme étant sans espoir. Bruce Wayne, lui, est alors jeune (25 ans), il est rongé par la mort de ses parents et son combat contre le crime constitue son unique raison de vivre. Même si il a suivi un entraînement intensif aux quatre coins du monde, il n’est pas encore très expérimenté et fait quelques bourdes durant ses premières sorties nocturnes. Il n’a pas encore tout ses gadgets, n’a pas encore investi la Batcave et commence tout juste à trouver ses alliés. Car Year One ce n’est pas seulement l’histoire de Batman, mais aussi celle d’autres personnages emblématiques de la série. On retrouve Harvey Dent, alors brillant avocat, qui sera le premier à collaborer avec Batman, Catwoman, mais aussi et surtout James Gordon. On a d’ailleurs l’impression que l’histoire raconte plus ses débuts que ceux de Batman. Il est en effet le narrateur, et l’histoire commence lorsqu’il arrive à Gotham City avec sa femme, en même temps que Bruce Wayne revient de son périple de 18 ans.

On a donc une mise en comparaison entre Batman et Gordon durant leur première année passée à Gotham. Le premier en arrêtant ses premiers criminels et en apprenant petit-à-petit son rôle de Chevalier Noir, le second en dénonçant ses collègues ripoux et en essayant de faire son métier de policier modèle le mieux possible. Le comic est surtout basé sur la relation qui uni ces deux personnages, et sur la vision qu’à Gordon de Batman. Le considérant d’abord comme un ennemi, il va au fur et à mesure développer une certaine sympathie pour lui puis devenir un de ses alliés. Harvey Dent n’a lui pas un rôle très important, mais le traitement de Catwoman est plus intéressant. Miller a fait de Selina Kyle une prostituée noire vivant avec des chats. C’est en voyant Batman qu’elle a l’idée de se masquer pour faire du cambriolage et ainsi sortir de sa pauvreté. C’est l’un des seuls éléments de Year One qui ne sera pas repris par la suite. Car en effet, ce comic de Batman fait office de point de départ de tout ce qui défini le Batman moderne, une Genèse pour tous les autres comics du Chevalier Noir à venir par la suite. Il est donc assez indispensable si vous voulez vous lancer dans la lecture des aventures de l’homme chauve-souris.

Mais Miller ne se contente pas de réécrire les débuts du héros de Gotham, il se permet aussi d’offrir un des meilleurs comics sur son univers. Le récit est passionnant, et les personnages profonds et bien construits. Le travail de Mazzucchelli sublime à merveille ce scénario. La mise en scène est dynamique et le dessin old-school s’accorde parfaitement avec le thème des débuts de Batman et lui offre une identité propre. L’édition que nous propose Panini Comics est très soignée. Couverture cartonnée, papier glacé, avec en plus quelques pages montrant le script, les ébauches, des scans de l’édition d’origine ainsi que les premiers dessins de Mazzucchelli (et une BD de deux pages où le dessinateur raconte sa découverte de Batman). Year One est donc un indispensable, car décrivant les débuts du Batman actuel et proposant une excellente histoire et un excellent dessin. Du tout bon, donc, surtout si l’on veut se lancer dans l’univers du Chevalier Noir.

[Impressions] GTO Shonan 14 Days – Tome 1

Aujourd’hui, rares sont les personnes un tant soit peu intéressées par la culture otak’ à ne pas connaître GTO (ou Great Teacher Onizuka). Ce manga désormais culte, suite du moins connu Young GTO, a en effet été en France un des premiers manga à succès, ayant fait les beaux jours des éditions Pika à leurs débuts, dans les années 90. L’adaptation animée, diffusée à l’époque sur Canal+, a elle aussi beaucoup contribué à la popularité de la série. GTO racontait l’histoire de Onizuka, un ancien voyou de 22 ans qui décide d’arrêter de jouer les loubards pour devenir prof, notamment dans l’optique de draguer ses élèves féminins. Mais il devient le prof principal de la pire classe d’un lycée privé, dont aucun prof n’a jamais pu tenir tête. On le suivait donc dans sa quête pour remettre ces jeunes dans le droit chemin.

En 2009, sept ans après la sortie du vingt-cinquième et dernier tome de GTO au Japon, son créateur, Toru Fujisawa, dévoile, à la surprise générale, qu’une suite est prévue. Celle-ci, sous-titrée Shonan 14 Days, s’intègre dans la trame de GTO, puisqu’elle se situe après l’incident avec Teshigawara. Onizuka fait encore une fois scandale, mais cette fois-ci il décide de fuir Tokyo pendant deux semaines, histoire de se faire un peu oublier. Il revient alors à sa ville natale, Shonan, où il découvrira l’existence d’un centre d’accueil pour jeunes en difficulté sociale dirigé par la belle Shiratori Ayame. Il décidera alors d’aider ces jeunes à sa manière.

A la fin de la lecture du premier tome, un constat se fait immédiatement ressentir : c’est, à peu de choses près, la même chose que GTO. Aucune surprise, aucun gros changement, on retrouve le même déroulement et quasiment les mêmes personnages. On a donc l’otaku type, la fille un peu conne, la prof mignonne et gentille mais un peu dépassée par ses élèves, la salope qui fera tout pour faire virer Onizuka… d’ailleurs pour cette dernière, c’est le clone quasi parfait de Aizawa. Elle a elle aussi un père haut placé socialement, les mêmes yeux sournois, les mêmes idées tordues et la même haine pour son prof. On retrouve aussi un peu de Kanzaki dans ses délires. Bref, Fujisawa copie lui-même ses propres personnages, ce qui est un peu décevant quand on sait que c’est la capacité de ce mangaka à faire des personnages uniques qui a fait le succès de GTO.

Et il en est de même pour le déroulement. Onizuka fait la connaissance d’un élève, se fait emmerder par lui, trouve la solution pour le calmer, et après hop, il a l’élève dans la poche. J’ai d’ailleurs été déçu par le manque d’originalité d’Onizuka pour remettre en place ses élèves. Tout ce qu’on le voit faire, c’est se battre, durant quasiment tout le tome. A aucun moment il n’utilise un moyen complètement décalé pour faire la leçon à un élève, comme il l’avait fait par exemple avec Kanzaki ou Yoshikawa, avec lesquels il avait utilisé des moyens bien plus fous et efficaces que la violence. J’espère vraiment que ça s’améliorera au fil des tomes, car c’était une des principales forces de GTO. Néanmoins l’humour bien particulier de la série est toujours présent, et ça, ça fait plaisir.

Au niveau du dessin, on reconnaît la patte de Fujisawa, mais on sent aussi que celui-ci s’est bien amélioré depuis GTO. Le trait est plus fin, les visages plus expressifs. Par contre, on
ne retrouve pas le trait épais et caractéristique qu’on avait sur certaines pages. C’est un peu dommage, même si ça ne change au final pas grand chose.  Pour ce qui est de l’édition, on peut noter que les explications des références et termes japonais sont désormais indiquées sur la page où apparaît le termes ou la référence (alors qu’avant il fallait aller à la fin du manga, ce qui était assez lourd à force). De plus, pour les onomatopées, Pika utilise une excellente technique que je n’ai jusqu’ici vu que chez Asuka (ou Kaze, maintenant) : elles apparaissent en katakana comme dans la version japonaise, et sont traduites en petit en dessous avec notre alphabet. On garde ainsi la mise en page voulu par l’auteur tout en facilitant l’immersion grâce aux traductions. Saluons aussi la présence de quelques pages en couleurs et papier glacé au début du tome.

Ce premier tome de Shonan 14 Days est donc plutôt décevant, notamment parce qu’on ne retrouve pas les deux éléments ayant fait le succès de GTO, à savoir l’originalité des situations et les personnages travaillés et uniques. Néanmoins, on est content de retrouver après toutes ces années Onizuka et son univers, on passera donc outre les défauts et on savourera quand même cette suite avec plaisir si on a aimé la série d’origine. Sinon, inutile d’insister, ce n’est pas avec Shonan 14 Days que vous réussirez à vous réconcilier avec l’oeuvre de Fujisawa.

Au commencement

J’ai un gros problème : je passe mon temps à fermer et à rouvrir des blogs. Au début je suis hyper motivé, et à force cette motivation retombe, et je deviens inactif jusqu’à en refaire un nouveau.

C’est exactement ce qui se passe maintenant. Je rouvre un nouveau blog, en ayant laisser à l’abandon mon ancien à peine démarré pendant plusieurs mois. J’essayerai cette fois-ci d’être régulier, de ne pas me démotiver et de poster des choses un tant soit peu intéressantes. Je ne m’impose tout de même pas de planning précis ni de ligne éditoriale définie, j’écrirai sur ce qui me fait envie dans un style plus ou moins personnel (c’est le but d’un blog).

Bon moi c’est Plumtoo, connu aussi sous le pseudo de Pix. Inutile de faire un topo sur mes goûts et ma personnalité, vous en apprendrez bien plus je pense en lisant les articles du blog (ou en allant dans la partie A Propos, si j’ai pas la flemme de la remplir).

Donc à bientôt sur Dead Pixel !

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